Un bain de forêt(s) en été

Par AFBE|3 juillet 2020|Arbres, Bain de forêt, Balade de santé, Botanique, Ecotherapie, Santé, sylvothérapie|2 comments

Une balade de santé qui associe les bienfaits physiques et psychiques de la marche sur sentier de montagne à ceux de la traversée lente de trois milieux forestiers différents.

Force, énergie et ténacité du chêne,

Vitalité, dynamisme et gaité du pin,

Douceur, sensibilité et protection du hêtre.

Une balade initiatique à la rencontre des arbres,

Pleine de surprises, comme nous en réserve toujours la Nature

Boucle l’Esquouisser/Baratus

Départ au Défens de Saint-Auban sous un ciel splendide et un soleil déjà vif.

Aux premiers pas, message tonique des Gaillardes qui ont colonisées le sol sec et caillouteux caractéristique de la région : endurance et résistance.

Les quelques maisons du hameau dépassées, un voyage dans le temps s’opère. Nous voici touchés par la magie du lieu.

Chemin pastoral encore ‘habité par les anciens’, chênes centenaires, restanques et vielles pierres.

Nous prenons le temps d’un ‘bain de forêt’ qui a la réputation de nous ancrer profondément dans la réalité tout en nous offrant la force, la puissance et le courage du chêne.

Marcescence du chêne blanc

A nos pieds et sous nos yeux la végétation est variée. Alisiers blancs, noisetiers, érables champêtre, buis. Floraisons des campanules, catananches, millepertuis et digitales.

A l’arrivée au col de l’Escouissier l’atmosphère est chaude, lumineuse et presque luxuriante.

Vicia cracha

Les vesces à bouquet envahissent la prairie. Le regard se porte au sommet de la Clapouyre et dans la garrigue. Ici, c’est le domaine du pin sylvestre.

Respirations profondes des différentes essences. Observation attentive des plantes.

Premières interrogations inquiètes devant la borne 24 du GR 510. Les pluies torrentielles de ces dernières semaines ont emporté une partie du sentier et la passerelle qui enjambe l’Esteron pour rejoindre le village de Briançonnet. Ce n’est pas notre route. Soulagement….

Nous poursuivons notre ‘bain’ dans la pinède, à flanc de crête.

Tons orangés des tronc rugueux qui pèlent et se tordent. Contrastes sombres des aiguilles. Bleus des lichens. Pureté de l’air.

Touffes défleuries de Primula marginata

Nous progressons en crête vers l’ubac de l’Esteron.

Apparaissent les premiers hêtres. Douceurs des écorces. Grises, blanches et lisses…Graphisme lumineux des feuillages.

Au sol persistent les traces et les couleurs de l’automne passé.

Nous nous promenons lentement sur un sentier à la fois fascinant, glissant et … semé d’embûches.

Le péril, l’aventure, la touche d’adrénaline, c’est important aussi pour se sentir vivant.

Horreur et épouvantes!!! les troncs des hêtres sont envahis de chenilles….

Adieu le plaisir d’effleurer l’écorce lisse, adieu les étreintes…. la pratique du bain de forêt n’est pas toujours « un long fleuve tranquille ».

ll y a tant de chenilles que nous écourtons notre pique-nique après en avoir reçu une sur l’épaule, une autre sur la tête et plusieurs sur les sacs!

Merci tout de même à WhatsApp, qui nous permettra d’interroger les experts naturalistes de l’AFB&E, Anne-Hélène Paradis et Rémy Poncet. De quoi calmer nos imaginations soudain débordantes.

« Non, ce ne sont pas des chenilles processionnaires » et irritantes. « Oui », sourires….« .ce sont des chenilles ‘écureuil‘, probablement des chenilles de Lymantria dispar (un papillon de nuit) ». Malheureusement surtout « ravageuses des feuillus »

Dans la foulée va suivre, l’épisode du champignon magique…..

Oui, sans mentir et sans avoir consommé d’hallucinogène, nous l’avons vu de nos propres yeux, fumer et cracher à notre approche… et même plusieurs fois renouveler ce comportement face à nos interrogations.

Magali suggère au groupe une belle  » performance », traces et résilience de quelques difficultés de progression sur le chemin pentu.

Retour au calme dans la hêtraie

Emerveillement devant les vitrophanies qui dansent sur les troncs.

Nous trouvons refuge, calme et sérénité auprès de ‘la déesse mère’ Eurynomée.

On dit que symboliquement le hêtre fait référence à la confiance, la patience, la douceur, la vitalité, le raffinement, l’intuition, la féminité, la prospérité et le succès en société….

Question existentielle…

Encore un col à franchir?

Heureusement il y a les fraises des bois.

Juste quelques centaines de mètres à parcourir pour retrouver la grande forêt de hêtre du vallon de la Lones

Faines du Fagus sylvatica, fruits du hêtre
Géranium des bois
Pulmonaire
Orchis et Luzules

Retour ensoleillé et champêtre dans le parfum sucré des troênes en fleurs

Ligustrum vulgare
Tamus communis dans la haie,
le Tamier ou Herbe aux femmes battues (on tirait une pâte de ses tubercules sensée guérir des ecchymoses)

Impossible de quitter Saint-Auban sans rendre visite à sa Clue spectaculaire.

MERCI à Patrice pour le partage de ses photos, et à vous toutes et tous pour votre enthousiasme et votre humour tout au long de cette très belle balade.

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A propos AFBE

France CRIOU est présidente de l'Association Française de Biophilie et d'Ecothérapie Médecin et Paysagiste elle exerce comme Consultante Conseil et Formatrice en Thérapies par la relation à la Nature (conception de jardins thérapeutiques, programmes d'hortithérapie, ecothérapie) pour les professionnels et les particuliers

2 Comments

  1. Spectaculaires vitrophanies : quel joli mot.
    Merci à toi France d’avoir pris le temps de mettre en ligne les photos et les informations. Et merci à tous pour cette belle journée.
    Léna

  2. Que ça devait être chouette, non génial et fantastique! Je me ressource, rien qu’en admirant ces magnifiques photos. 😍🌲🌳

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