Une expérience particulière : le “bain” de chênes verts

Par AFBE|28 novembre 2020|Arbres, Bain de forêt, Bien-être, Ecotherapie, Philosophie, Santé, sylvothérapie|0 comments

Cela faisait longtemps que je voulais décrire et partager avec vous le vécu de la rencontre d’un sous bois monospécifique de chênes verts.

A l’occasion de ce deuxième confinement j’ai fait la découverte d’un lieu très démonstratif, et assez proche de chez moi.

J’y suis retournée seule régulièrement, dans l’idée de mieux comprendre ce qui se passe en nous de tout à fait particulier, lorsqu’on “s’immerge” dans cet environnement.

Ce qui nous saisit immédiatement dès sa pénétration ?

Une suspension du temps ou plutôt peut-être, l’impression d’une stabilité presque irréelle du temps suspendu.

Elle se maintient pourtant, tant que l’on n’a pas pris la décision de s’en extirper et alors que rien ne nous y pousse tant le vécu d’apaisement et de bien-être est puissant.

Pas étonnant devez-vous penser le chêne a toujours été un symbole de force et de longévité dans l’histoire humaine!… Cependant je ne vous parle pas ici d’un ‘yeuse’ majestueux et isolé offrant abri et ombrage au coeur de la garrigue depuis des décennies.

Le bois de chênes verts se présente plutôt comme un entrelac de troncs assez grêles

Emergeant d’un chaos de pierres grises souvent calcaires

L’ambiance est saisissante et impose un arrêt dans la promenade. Elle invite à une immersion dans un monde éternel aux tonalités variées du vert bronze et des”vert de gris”.

Le chêne vert en réalité nous dispose au ” bain de forêt” : ralentissement, observation, attention portée et écoute par tous les sens.

Exploration de la canopée

Jeux de lumières sur les rochers

Texture du sol sous les pas

Palette immuable des coloris et textures

Sous le couvert permanent, la végétation est peu diversifiée, rare et nanifiée.

Paradoxalement, on y cherche quelques “traces de vie” alors que la faune est toujours présente mais discrète.

Le lézard vert ou “Lambert” apprécie beaucoup la chaleur de la garrigue mais ne boude pas le bois rocheux de chênes verts. Il n’hésite pas à grimper aux arbres pour chercher la lumière.

Il faut prendre le temps et accepter le poids du silence avant que se manifeste la discrète mésange à tête noire ou la curieuse huppée. Les cris du geai, grand consommateur de glands, sont moins présents dans ce bois qu’auprès des vieux chênes des éboulis.

On peut être surpris par le bruissement et l’ombre d’un chevreuil qui s’enfuit…

Cependant c’est toujours le calme, l’équilibre, l’harmonie et la paix intérieure qui s’installent et nous font oublier le temps.

Pierre Lieutaghi décrit très bien l’effet de la rencontre des chênes verts sur le voyageur dans Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux : ” d’un seul regard…une frontière est franchie…il entre dans un nouveau monde….il croit retrouver l’été. C’est au Chêne vert que la région méditerranéenne doit cette éternelle verdure”.

J’espère pouvoir très prochainement vous faire vivre cette expérience.

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A propos AFBE

France CRIOU est présidente de l'Association Française de Biophilie et d'Ecothérapie Médecin et Paysagiste elle exerce comme Consultante Conseil et Formatrice en Thérapies par la relation à la Nature (conception de jardins thérapeutiques, programmes d'hortithérapie, ecothérapie) pour les professionnels et les particuliers

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